Quelle est la prochaine étape de Brexit? Les scénarios possibles

Alors que la première ministre britannique Theresa May se bat pour obtenir une prolongation du Brexit lors du sommet crucial de l’UE mercredi, quels sont les scénarios possibles dans les jours à venir?

Voici les possibilités:

Brexit sans accord le 12 avril

May demande un report du Brexit jusqu’au 30 juin. Les députés de cette semaine ont forcé, par voie de législation, le Premier ministre à toujours demander une prolongation plutôt que de laisser l’UE sans accord.

Mais l’UE semble plus encline à une “flextension” plus longue d’environ un an.

Si aucun accord n’est conclu mercredi, le défaut juridique est que la Grande-Bretagne laisse l’UE sans accord vendredi.

L’UE a déjà accordé un délai – la date limite initialement fixée était le 29 mars – et les dirigeants européens demanderont à May d’expliquer ce qu’un autre report permettrait de réaliser.

Les économistes avertissent qu’un Brexit sans accord pourrait générer des ondes de choc économique des deux côtés de la Manche et causer de graves retards aux frontières, malgré les préparatifs visant à atténuer ces risques.

Partir avec des modifications à l’accord de mai

Après avoir échoué à trois reprises dans le processus d’adoption de son accord par le parlement, May est actuellement en pourparlers avec le parti travailliste de l’opposition – qui est favorable au maintien de liens plus étroits avec l’UE – pour tenter de sortir de l’impasse.

Le parti travailliste demande à la Grande-Bretagne de rester dans une union douanière, provoquant la colère de la base du parti conservateur de mai.

S’ils acceptent un accord, le Brexit pourrait encore se produire avant que la Grande-Bretagne ne prenne part aux élections européennes du 23 mai.

L’accord de retrait prévoit une longue période de transition et une longue période de négociation des liens commerciaux.

L’UE a exclu toute modification de ce texte mais a déclaré qu’elle pourrait rapidement réécrire la déclaration politique – un document d’accompagnement sur les relations commerciales futures.

Dans un pari désespéré de parvenir à un accord, May a même dit à ses députés qu’elle démissionnerait avant le début des négociations commerciales à part entière avec l’UE si elle les soutenait, mais cela n’a toujours pas abouti.

Il semble peu probable que cette option soit envisageable, dans la mesure où May devrait accepter un Brexit moins contraignant qui apaiserait les membres de l’opposition et abandonnerait certaines de ses positions fermement défendues.

Nouveau plan, long délai au Brexit

Si aucun accord n’est conclu dans les prochains jours, la Grande-Bretagne sera probablement confrontée à un retard pouvant aller jusqu’à un an, ce qui impliquerait la tenue d’élections au Parlement européen.

La Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, a informé les dirigeants européens que cette prolongation devrait durer au moins jusqu’à la fin de 2019 et peut-être beaucoup plus longtemps pour permettre un changement approprié de la stratégie du Brexit. Si la Grande-Bretagne trouve un accord avant la fin de la période de prolongation, elle pourrait quitter le bloc plus tôt.

Dans le cadre de la “flextension”, la Grande-Bretagne pourrait quitter l’UE une fois qu’elle aurait trouvé un plan imposant un soutien interne, mais un délai plus long ouvrirait la voie à la tenue d’élections générales, d’une élection à la direction pour remplacer May ou, peut-être, d’un deuxième référendum.

Une élection générale réinitialiserait le Parlement, et un résultat clair avec une majorité gouvernementale pourrait entraîner une administration beaucoup plus forte.

Mais il y a un risque que cela aboutisse à la même situation que maintenant, aucun parti ne détenant la majorité.

Et pour les deux principaux partis, trouver un manifeste sur le Brexit auquel tous leurs députés pourraient s’engager pourrait s’avérer un défi.

Un long délai ouvre également la possibilité d’un autre référendum.

Le parti travailliste en réclamerait un en échange de l’approbation de l’accord de mai.

Un référendum pourrait se présenter sous différentes formes: soit un deuxième référendum qui pose la même question au public britannique quant à l’opportunité de quitter l’UE, soit un “référendum de confirmation” dans lequel tout accord conclu serait soumis à un vote de confirmation public.

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