le 24 avril une date de commémoration du génocide arménien de 1915

En dépit des critiques turques, la France a fait du 24 avril une «journée nationale de commémoration du génocide arménien». Le décrit relatif à cette initiative a été signé le jeudi, 10 avril, par le Président de la République et par le Premier ministre.

Chaque année, à cette date, une cérémonie devra être organisée à Paris. Elle pourra également se tenir dans chaque département à l’initiative du préfet. Le Premier ministre sera chargé de l’exécution du présent décret, lequel sera publié au Journal officiel de la République française.

Durant le dîner annuel qui s’est tenu dans un hôtel parisien le 30 janvier, à la demande des coprésidents du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), Ara Toranian et Mourad Papazian, Emmanuel Macron a pourtant clairement refusé de condamner la Turquie pour ce génocide, expliquant que la diplomatie de la France devait s’opérer dans le dialogue avec Ankara. Il a justifié sa politique avec la Turquie en affirmant que c’était grâce à des discussions régulières et privées avec le Président Erdogan qu’il y avait eu des avancées dans certains dossiers, notamment la libération de journalistes détenus dans les prisons turques.


A l’époque, le mot génocide n’existait pas. Il y a cent ans, en pleine première guerre mondiale, les Arméniens de l’Empire ottoman, l’actuelle Turquie, sont massacrés ou déportés par les autorités. Ce génocide, le premier du 20e siècle, fait entre 1,2 et 1,5 million de morts, selon les estimations. Alors que le président François Hollande se rend à Erevan (Arménie), vendredi 24 avril, pour les commémorations de ce drame, francetv info revient sur cet événement historique méconnu en France.

Que s’est-il passé ?

Tout commence le 24 avril 1915. Cette nuit-là, le préfet de police de Constantinople (devenue Istanbul en 1930) ordonne l’arrestation de l’élite arménienne de la ville. 600 intellectuels sont exécutés en quelques jours. Dans les mois qui suivent, les populations arméniennes sont prises pour cible sur l’ensemble du territoire ottoman. “Cela s’est traduit par des rafles dans les villages, puis des convois de déportation vers des régions comme la Syrie”, explique à salutFr Philippe Videlier, historien au CNRS et auteur de Nuit turque

Ces crimes sont perpétrés à la fois par les forces régulières, les gendarmes turcs, et par des unités créées pour l’occasion. C’est le cas, par exemple, de l’Organisation spéciale, dirigée par un médecin formé en France, Behaeddine Chakir. “Les gens mouraient soit massacrés, soit d’épuisement, poursuit Philippe Videlier. Certains ont été vendus comme esclaves. Il y a eu des crimes sexuels, des massacres d’enfants et des adoptions forcées.” Les persécutions ne cessent qu’en 1918, après un changement de régime.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *