L’affaire Epstein: les victimes de pédocriminalité

L’affaire Epstein: Mme Schiappa, Mr Taquet, si nous nous réjouissons de votre prise de position, nous ne pouvons-nous en contenter au regard de la gravité de la situation en matière de violences sexuelles sur mineures en France, par Homayra Sellier Présidente de l’association “Innocence en danger”.

L’affaire Epstein est une occasion unique pour la France de rendre justice aux victimes de pédocriminalité

Selon HUFFINGTON POST, depuis le début de l’affaire Epstein qui concerne au moins plusieurs dizaines de victimes mineures exploitées sexuellement et violées, dont certaines possiblement en France, un grand nombre d’associations de protection de l’enfance et de lutte contre les violences sexuelles se sont mobilisées, cette affaire peut avoir le même impact que le mouvement #MeToo pour la pédocriminalité en libérant la parole des nombreuses victimes de ce type de prédateurs si toutefois l’ensemble des acteurs judiciaires et politiques les accompagnent dans ce sens.

Le 12 août dernier, vous avez fait un geste en plaidant pour l’ouverture d’une enquête en France, la mort de M. Epstein “ne doit pas priver les victimes de la justice à laquelle elles ont droit”, avez-vous écrit dans votre communiqué, si nous nous réjouissons de cette prise de position, nous ne pouvons-nous en contenter au regard de la gravité de la situation en matière de violences sexuelles sur mineures en France.

Lire aussi: EN FRANCE: MORT DE NORA QUOIRIN EN MALAISIE

Des juges continuent à considérer comme consentante une enfant à peine âgée de 8 ou 9 ans, piégée dans la même pièce, le même garage, la même cave, qu’un violeur adulte, chaque jour, des viols sur mineurs sont correctionnalisés, chaque jour, des incestes qui ont un impact psychotraumatique majeur sur des enfants et les adultes qu’ils ou elles deviennent, sont sanctionnés par des peines minimes, souvent du sursis, 4% des victimes de viols sur mineurs portent plainte. 0,3% de l’ensemble des viols est jugé aux Assises, et vous le savez bien, la loi sur les violences sexuelles et sexistes dite “Loi Schiappa” votée en août 2018 n’a rien changé à cette situation tragique ayant échoué dans son article 2 à instituer un seuil d’âge de non consentement.

51 décisions ont été rendues en correctionnelle dont 20 viols correctionnalisés, une relaxe. Une CRPC. 15 peines avec sursis, les autres peines allant de 6 mois ferme à 10 ans, 43 procès aux Assises avec des peines allant de un an avec sursis à 20 ans, 5 acquittements, 4 déqualifications, et encore il ne s’agit que d’un bilan partiel, qui ne reflète pas la réalité globale beaucoup plus dramatique.

Nous attendons désormais l’ouverture d’une enquête en France sur l’affaire Epstein en espérant qu’elle soit l’occasion pour la justice de dire haut et fort qu’un adulte n’est pas un partenaire sexuel pour des mineures qui doivent être protégées et préservées.

Lire aussi: HUIT ANS DE PRISON POUR UNE FEMME PARTIE EN SYRIE

Enfin, nous attendons de vous des actes forts pour rendre justice aux mineures victimes à commencer par la fixation d’un seuil d’âge strict à 15 ans pour tous les enfants et à 18 ans en cas d’inceste afin que plus jamais dans ce pays une enfant ne soit soumis à la double torture d’être considérée comme ayant consenti à un viol commis par un adulte sur leur petite personne, vous avez aujourd’hui une occasion unique de tenter de réparer le lien depuis longtemps brisé entre les très nombreuses victimes mineures de violences sexuelles, qui sont autant de citoyennes français.es et la justice de leur pays.

Leave a Reply