Brexit : la France et l’UE n’apprécient pas vraiment la demande de report de Theresa May

Incapable de faire revoter par la Chambre des Communes son texte négocié avec Bruxelles. Après deux refus, Theresa May a dû se résoudre à demander un report du Brexit à l’Union européenne 1.000 jours après le référendum de sortie de l’UE. “J’ai écrit ce matin au président du Conseil européen Donald Tusk pour l’informer que le Royaume-Uni souhaitait une extension de l’article 50 [du Traité de Lisbonne qui régit la sortie d’un pays de l’UE, NDLR] jusqu’au 30 juin”, a-t-elle annoncé ce mercredi aux députés britanniques. Un scénario qui ne réjouit ni Bruxelles, ni Paris.

L’UE pointe de “graves risques juridiques et politiques”

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, “a formellement mis en garde le Premier ministre contre l’inclusion d’une date pour la prorogation qui serait postérieure aux élections européennes”, a indiqué une porte-parole, après une conversation téléphonique entre les deux responsables mercredi. “Je crois qu’une courte extension sera possible mais elle sera conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait à la Chambre des communes”, a dit de son côté le président du Conseil européen Donald Tusk, dans une courte déclaration devant la presse.

La Commission européenne a ainsi pointé les “graves risques juridiques et politiques”. Dans une note présentée ce mercredi, il plaide pour un report du divorce, prévu le 29 mars, soit jusqu’au 23 mai, soit jusqu’au moins fin 2019. Dans le premier scénario, le Royaume-Uni n’aurait pas à organiser d’élections pour le Parlement européen, dont la date est prévue du 23 au 26 mai. Dans le second, il est “obligé d’organiser ce scrutin”, est-il souligné dans ce texte.

Theresa May ne veut pas d’élections européennes

Mais devant les députés, Theresa May avait affirmé qu’il serait “inacceptable” que le Royaume-Uni participe à ces élections. La Première ministre s’est clairement opposée à un long report. “Je ne suis pas disposée à repousser le Brexit au-delà du 30 juin”, a-t-elle prévenu.

Au parlement britannique, l’annonce d’une demande de report jusqu’au 30 juin a fait bondir dans les rangs de la majorité comme de l’opposition. “C’est une crise nationale”, a déclaré le leader travailliste Jeremy Corbyn, blâmant “l’incompétence, les échecs et l’intransigeance de la Première ministre et de son gouvernement”.

Paris réclame une stratégie “crédible”

La France a également réagi par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Il a annoncé que Paris s’opposera au report du Brexit s’il n’est pas justifié par une stratégie “crédible”. “Une situation dans laquelle Madame May ne serait pas en mesure de présenter au Conseil européen des garanties suffisantes sur la crédibilité de la stratégie conduirait alors à écarter la demande d’extension et à préférer une sortie sans accord”, a souligné le chef de la diplomatie.

Par ailleurs, le coordinateur national pour la préparation du Brexit, Vincent Pourquery de Boisserin, a déclaré que les ports et aéroports français seront prêt le 29 mars en cas de Brexit sans accord.

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