Brexit : comment la France se prépare au “no deal”

Brexit: le Président Emmanuel Macron reçoit le Premier ministre britannique Boris Johnson, avant le G7, qui se tiendra à Biarritz du 24 au 26 août, ce dernier a promis de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 octobre, avec ou sans accord.

Brexit : Boris Johnson prépare l’UE et le Royaume-Uni à un « no deal »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson est reçu aujourd’hui par Emmanuel Macron, il souhaite renégocier l’accord de divorce conclu avec l’Union européenne, mais sur le sujet, Paris est beaucoup plus ferme que Berlin, Quoiqu’il arrive, prévient le chef du gouvernement anglais, la Grande-Bretagne sortira le 31 octobre, avec ou sans accord de divorce.

Selon LE MONDE, à quel jeu se livre Boris Johnson avec les Européens ? Le premier ministre britannique, en poste depuis à peine un mois, souhaite-t-il sérieusement renégocier un accord de divorce avec Bruxelles, celui conclu entre les Vingt-Sept et Londres ayant été rejeté trois fois par les députés britanniques ? Ou, plus perturbant, est-il effectivement prêt à aller au « no deal », le 31 octobre?

La lettre de Boris Johnson à Donald Tusk, le président du Conseil européen, lundi 19 août, leur a donné des arguments supplémentaires, pour la première fois depuis sa prise de poste, le dirigeant britannique a couché noir sur blanc une position de négociation, considérée comme inacceptable, voire fantaisiste par les Vingt-Sept.

En France, on se prépare à un “no deal”, du côté des douanes, tout est prêt, 600 personnes ont été recrutées, la moitié est déjà déployée dans les gares, ports et aéroports près de la Manche, ce sont eux qui contrôlent les marchandises qui transitent entre le Royaume-Uni et la France.

À Bercy, une réunion aura lieu en septembre avec Amélie de Montchalin, secrétaire d’État aux Affaires européennes, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, et plusieurs entreprises qui pourront poser leurs questions. Le but est de se préparer au pire, en espérant le meilleur.

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Quelles seront les conséquences en cas de no deal ?

Une sortie brutale qui ne sera pas sans conséquences. Alors que Boris Johnson a annoncé que le Brexit serait effectif dès le 31 octobre, un rapport gouvernemental dévoilé par le Sunday Times alerte sur les risques de pénuries en cas de no deal, “notre pays est au bord d’une crise économique alors que nous nous dirigeons vers un Brexit sans accord, nous sommes devant une urgence nationale, et le Parlement doit être convoqué immédiatement” ont indiqué les parlementaires qui souhaitent obliger le gouvernement à repousser la date du Brexit, pénurie de denrées alimentaires, d’essence et de médicaments, frais téléphoniques et bancaires, etc.

Pénurie alimentaire

Elément controversé du traité de retrait, le « backstop », cette assurance destinée à prévenir le retour d’une frontière physique en Irlande, est « antidémocratique », assure le premier ministre britannique, il risque de coincer le Royaume-Uni, « possiblement indéfiniment », dans une union douanière avec l’UE. Il pourrait aussi, toujours à en croire Mr Johnson, « affaiblir » les accords de paix nord-irlandais.

Frais téléphoniques et bancaires

Une des premières conséquences visibles pour les consommateurs britanniques et européens concerne l’itinérance, soit la faculté d’utiliser le réseau d’un opérateur de téléphonie mobile à l’étranger, le service, actuellement gratuit pour les consommateurs au sein de l’UE, engendrerait en cas de “no deal” des frais pour les voyageurs franchissant la Manche ou la frontière irlandaise.

Pénurie de médicaments

Certains groupes pharmaceutiques ont exprimé leur inquiétude et réservé d’ores et déjà des capacités de fret aérien pour acheminer des médicaments, le Royaume-Uni, qui dispose de trois mois de stocks de médicaments habituellement, a augmenté ses réserves pour bénéficier de six semaines supplémentaires, le pays quittera l’Agence européenne du médicament mais continuera à reconnaître temporairement les tests et certifications européens pour éviter une double procédure et une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

En conclure, il réitère sa demande que le « backstop » soit abandonné, pour de vagues « solutions alternatives » censées éviter la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande après le Brexit.

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